Le Mont Everest, culminant à 8848,86 mètres, représente le défi ultime pour les alpinistes. Son ascension, une épreuve de force contre les éléments et la fatigue extrême, nécessite une préparation rigoureuse et une connaissance approfondie de l'itinéraire. Le système des camps de base est crucial pour la réussite de l'expédition. Plus de 300 personnes meurent en tentant d'atteindre le sommet. Seulement 50% des tentatives sont couronnées de succès.

Nous explorerons l'équipement, la logistique, l'acclimatation et les risques inhérents à chaque étape du trajet vers le toit du monde.

Le camp de base (base camp) : le point de départ

Situé à environ 5364 mètres d'altitude, le camp de base de l'Everest au Népal offre une vue imprenable sur la face nord de la montagne. Ce camp, un véritable village temporaire, abrite des centaines d'alpinistes, de Sherpas et de personnel de soutien. Le paysage est un mélange de rochers, de moraines et de glaciers, balayé par des vents violents qui peuvent atteindre 100 km/h. En moyenne, la température y oscille entre -5°C et 10°C.

Logistique et infrastructure du camp de base everest

Le camp de base est le cœur logistique de l'expédition. Des tonnes d'équipement, de nourriture et de matériel médical sont acheminées depuis le village de Lukla jusqu'au camp de base, principalement par des yaks et des porteurs humains, une logistique complexe et coûteuse. Le camp est divisé en zones distinctes : des zones de tentes pour les alpinistes, des zones de cuisine et de stockage, une tente médicale, des installations sanitaires et des zones de communication.

Acclimatation initiale à haute altitude

L'acclimatation est cruciale à cette altitude. Avant de s'aventurer vers des altitudes plus élevées, les alpinistes passent plusieurs jours au camp de base pour laisser leur corps s'adapter à la baisse de la pression atmosphérique et à la diminution de la quantité d'oxygène. Ils effectuent des marches d'acclimatation à des altitudes légèrement plus élevées pour préparer leur corps à l'effort et à l'altitude.

Vie et défis du camp de base

La vie au camp de base est une expérience unique, mélangeant l'excitation de l'ascension à venir et les incertitudes liées aux conditions météorologiques. Les journées sont rythmées par les préparatifs, les séances d'entraînement et la surveillance de la santé. L'isolement, les conditions de vie rudimentaires et les risques sanitaires peuvent engendrer du stress et des conflits. Une bonne gestion du temps, de l'énergie et des relations humaines est essentielle à la réussite de l'expédition. En moyenne, 1500 personnes séjournent au camp de base pendant la haute saison.

  • Altitude du camp de base : 5364 mètres
  • Température moyenne diurne : -5°C à 10°C
  • Nombre moyen d'alpinistes : 1500
  • Durée moyenne du séjour au camp de base : 2 semaines

Camps d'altitude : la progression vers le sommet

L'ascension vers le sommet se fait par paliers successifs, chaque camp d'altitude servant de point de repos et de préparation pour l'étape suivante. Les conditions deviennent de plus en plus extrêmes à mesure que l'on progresse.

Camp I (6000 mètres) : premiers défis

Le Camp I marque une étape cruciale. La difficulté augmente nettement, l'air est plus ténu, augmentant les risques de mal aigu des montagnes (MAM). L'installation du camp demande une expertise technique et une gestion minutieuse des risques, notamment ceux liés aux crevasses.

Camp II (6500 mètres) : risques accrus

Au Camp II, le terrain devient plus abrupt, augmentant le risque d'avalanches. Le froid intense et la faible teneur en oxygène rendent l'acclimatation plus difficile et une gestion précise de l'énergie est primordiale. Des reconnaissances sont souvent effectuées pour préparer l'itinéraire vers le Camp III.

  • Le pourcentage d'oxygène à 6500 mètres est d'environ 45% de celui au niveau de la mer.

Camp III (7100 mètres) : le mur de glace

Camp III est installé sur le Lhotse Face, un mur de glace imposant. L’installation du camp est complexe et exige une grande maitrise technique. L'effet du manque d'oxygène est clairement perceptible. L'effort physique est considérable, même pour des mouvements simples. La fatigue physique et mentale s'accumule.

Camp IV (7925 mètres) : la zone de la mort

Le Camp IV, souvent appelé le "Camp de la Mort", se trouve dans la "Zone de la Mort". À cette altitude, le corps humain est constamment en état de souffrance. Le moindre effort physique exige un investissement énergétique énorme. La survie à cette altitude repose sur une acclimatation poussée et une gestion minutieuse de l'oxygène et de l'hydratation.

  • Le pourcentage d'oxygène à 7925 mètres est inférieur à 40% de celui au niveau de la mer.

Au-delà du camp IV : L'Ascension finale vers le sommet

L'ascension finale, au-dessus du Camp IV, est l'étape la plus périlleuse. Les alpinistes entrent dans une zone où le corps humain ne peut pas survivre longtemps. Le manque d'oxygène provoque des problèmes physiques et mentaux, augmentant considérablement les risques.

La "zone de la mort"

Le terme "Zone de la Mort" désigne les altitudes supérieures à 8000 mètres. Le corps humain n'est pas conçu pour survivre longtemps à ces altitudes extrêmes. L'hypoxie sévère affecte le jugement, la coordination et les capacités physiques. Le risque de décès est très élevé.

L'ascension finale et le sommet

L'ascension finale est une lutte incessante contre la fatigue, le froid et le manque d'oxygène. Les alpinistes utilisent des bouteilles d'oxygène supplémentaires et doivent faire des choix stratégiques concernant leur rythme et leur sécurité. Chaque pas représente un effort considérable. Le Col Sud et la face finale sont des passages techniquement difficiles, exigeant une maîtrise parfaite des techniques d'alpinisme et un matériel spécifique.

  • Temps moyen passé au-dessus du Camp IV : 2 à 3 jours
  • Taux de mortalité au-dessus de 8000 mètres : statistiquement très élevé (chiffres variables selon les années et les conditions)
  • Nombre de personnes ayant atteint le sommet: plus de 6000

Conclure une ascension de l’Everest est un exploit extraordinaire, un témoignage de la force mentale et physique des alpinistes. Cependant, il est crucial de souligner les dangers et les risques qui y sont liés. Une préparation optimale, une connaissance approfondie de l'itinéraire et une vigilance constante sont essentielles pour espérer atteindre le sommet.